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The changing landscape of farming

A 19th-century barn in Richmond Hill (now demolished).

Cultural landscapes

Published Date: Sep 09, 2016

Photo: A 19th-century barn in Richmond Hill (now demolished). (Photo: Mark Somerville)

Growing up on a small family farm, I have witnessed the benefit and impact of technology on agricultural landscapes.

In the 1980s, our barn was filled with thousands of square bales. Then, our family bought a round bailer – which eliminated manual labour from haying and bank barns altogether. Within a decade, bank barns – one of the most defining visual images of farms – were left without a primary purpose. With only marginal use and a high cost of maintenance, these structures have since fallen into disrepair. This single change in technology provides a glimpse into the forces that continuously shape Ontario’s agricultural landscape.

To farmers, our agricultural landscape is a living landscape that is constantly reshaped by innovation and economic change. As heritage professionals, we may look at the decline and abandonment of barns with dismay. The craftsmanship and physical connection with our past cannot be re-created once lost. But, to farmers, there is little room for nostalgia – and no monetary value in the past.

1850 house on a farm

The c. 1850 house where my grandfather was born, at the farm that he continues to occupy at 94 years of age. (Photo: Mark Somerville)

The creation of the Greenbelt is Ontario’s major policy contribution to the protection of agricultural landscapes. Its primary purpose, however, was never the protection of cultural landscapes, but rather the protection of farmland. As the recent Crombie report on the Greenbelt acknowledged, protection of cultural heritage assets needs strengthening. But to what end should these protections be strengthened? And should these protections not extend to all areas of Ontario?

The best way to strengthen the protection of agricultural landscapes is to lower barriers for new farmers, foster a spirit of adaptive reuse and encourage agricultural innovation. Many people are interested in farming, but access to land, capital and training are huge barriers. Farms now average 314 hectares (778 acres), which is unmanageable for newcomers. Even if farmland can be obtained, there is a 30 per cent deposit required to qualify for a mortgage. In the United States, Land Banks that provide tax incentives for the donation of agricultural land have been shown to conserve the integrity of agricultural landscapes while lowering barriers to accessibility. Organizations exist, such as the Ontario Farmland Trust, but the tax benefits are not the same and there are few incentives to donate land beyond altruism. Organizations such as FarmStart provide training to new farmers, but again their ability to accept applicants is limited by the amount of available farmland. Simple changes to existing programs, such as the Eco-Gifts program – to permit the donation of farmland for income tax reductions – would significantly help remedy this situation.

Family at McVean Farm

The historical McVean Farm in Brampton is managed by Farmstart and is a great example of near-urban farming that engages the public through its programming. (Photo: Mark Somerville)

Avoir grandi sur une petite ferme familiale, j’ai été témoin des avantages et des retombées de la technologie sur les paysages agricoles.

Dans les années 1980, notre étable était remplie de milliers de ballots carrés. Ensuite, notre famille a fait l’acquisition d’une presse à balles rondes – ce qui a permis d’éliminer le travail manuel relatif à la fenaison et les étables à étages. En l’espace d’une décennie, les étables à étages – l’une des images visuelles les plus distinctives des fermes – n’avaient plus de grande utilité. En raison d’une utilisation marginale et de coûts élevés d’entretien, ces structures se sont depuis détériorées. Ce seul changement technologique dresse un aperçu des forces qui ne cessent de façonner le paysage agricole de l’Ontario.

Pour les agriculteurs, notre paysage agricole en est un bien vivant qui ne cesse de se transformer en raison de l’innovation et de changements économiques. À titre de professionnels du patrimoine, nous pouvons observer avec désarroi le déclin et l’abandon des étables. Le savoir- faire et le lien physique avec notre passé ne peuvent renaître une fois qu’ils sont perdus. Mais, pour les agriculteurs, peu d’attention est accordée au sentiment de nostalgie – et aucune valeur monétaire n’appartient au passé.

La création de la ceinture de verdure constitue une grande contribution stratégique de l’Ontario visant à assurer la protection des paysages agricoles. Son principal objectif, cependant, n’a jamais consisté à la protection des paysages culturels, mais plutôt à la protection des terres agricoles. Comme on le reconnaît dans le récent rapport de Crombie sur la ceinture de verdure, il faut mieux protéger les biens du patrimoine culturel. Mais à quelle fin doit-on mieux les protéger? Et ces mesures de protection ne doivent-elles pas être élargies à tous les secteurs en Ontario?

Le meilleur moyen de mieux protéger les paysages culturels consiste à réduire les obstacles pour les nouveaux agriculteurs, à favoriser un élan de réutilisation adaptée et à encourager l’innovation agricole. Beaucoup de personnes sont intéressées à l’agriculture, mais l’accès à la terre, au capital et à la formation représente un obstacle de taille. La moyenne actuelle de la superficie des fermes atteint 314 hectares (778 acres), ce qui est impossible à gérer pour les débutants. Même si l’on peut acquérir une terre agricole, un dépôt de 30 p. 100 est exigé pour être admissible à une hypothèque. Aux États-Unis, il a été démontré que les mesures utilisées par les banques Land Banks qui fournissent des incitatifs fiscaux pour avoir fait don d’une terre agricole permettent de conserver l’intégrité des paysages agricoles tout en réduisant les obstacles à l’accessibilité. Il existe des organismes, dont la fiducie Ontario Farmland Trust, mais les avantages fiscaux ne sont pas les mêmes et les incitatifs à faire don d’une terre, outre que par altruisme, sont limités. Des organismes, comme le programme, FarmStart, forment de nouveaux agriculteurs, mais encore là leur capacité à accepter des demandeurs est limitée par la quantité de terre agricole disponible. De simples changements aux programmes en place, comme le Programme des dons écologiques, visant le don d’une terre agricole en vue d’une réduction de l’impôt sur le revenu – contribueraient grandement à remédier à cette situation.

L’incitation à remettre en état d’anciennes structures agricoles représente un autre obstacle à la sauvegarde des paysages agricoles. En raison des modifications apportées en 2007 au Code de prévention des incendies de l’Ontario et par la suite au Code du bâtiment de l’Ontario, la réutilisation des structures agricoles est difficile à mettre en oeuvre et la responsabilité s’y rattachant incombe maintenant au chef municipal du service du bâtiment. En 2012, le Bureau du commissaire des incendies de l’Ontario a fait parvenir une mise en garde à toutes les municipalités de l’Ontario pour les informer que les étables ne doivent pas servir de lieu de rassemblement. Certaines municipalités avant-gardistes trouvent des moyens de surmonter ces obstacles, mais les municipalités doivent démontrer une volonté d’innovation. Les coûts de ces obstacles ne sont pas exorbitants, mais il faut faire preuve de leadership.

En ma qualité de planificateur en conservation du patrimoine, mon travail au quotidien est lié aux paysages agricoles qui renferment une valeur patrimoniale potentielle. Le manque d’options stratégiques, cependant, limite la capacité d’en assurer la conservation et d’innover. Les promoteurs qui possèdent une parcelle de terre dans la ceinture de verdure sont disposés à attendre le moment propice. Cela engendrera une perte constante d’occasions d’intégrer les collectivités urbaines et rurales en un tout ainsi que la diminution continue des ressources agricoles à valeur patrimoniale.

Il existe des outils et des ressources pour modifier notre trajectoire actuelle. Cependant, il faut en manifester le désir et adopter une démarche coordonnée pour concrétiser le tout. D’ici là, le meilleur produit qui proviendra de bon nombre d’agriculteurs en Ontario sera des planches de grange.

Matthew Somerville est urbaniste et planificateur de la conservation du patrimoine à la ville de Richmond Hill. En tant qu’agriculteur de cinquième génération, Somerville manifeste un vif intérêt concernant le lien qui existe entre les collectivités en milieu urbain et rural ainsi que l’avenir de l’agriculture dans des zones à proximité des milieux urbains.

Encouraging the rehabilitation of older farm structures is another obstacle that weakens the protection of agricultural landscapes. Changes introduced in 2007 to the Ontario Fire Code and later the Ontario Building Code make the reuse of agricultural structures difficult to implement, and shift the liability to the municipal Chief Building Official. In 2012, the Office of the Ontario Fire Marshall sent a memo to all Ontario municipalities warning that barns should not be used for public gatherings. Some forward-thinking municipalities are finding ways to overcome these barriers, but there must be a municipal will to innovate. These are not cost-prohibitive barriers, but they do require leadership.

As a heritage planner, my work interfaces daily with agricultural landscapes that contain potential heritage value. The lack of policy options, however, limits the ability to conserve and innovate. Developers who own land in the Greenbelt are willing to wait it out. The result will be a continued loss of opportunities to integrate urban and rural communities, as well as the steady decline of agricultural heritage resources.

The tools and resources to alter our current trajectory are available. There must be a desire, however, and a coordinated approach to make it happen. Until then, the best crop that will be harvested by many Ontario farmers will be barn boards.

About the authorMatthew Somerville

Matthew Somerville is a Heritage and Urban Design Planner with the Town of Richmond Hill. As a fifth-generation farmer, Somerville has a deep interest in the connection between urban and rural communities, as well as the future of agriculture in near-urban areas.